15.10.2009
Du nouveau sur la commission sur la numérisation des fonds patrimoniaux des bibliothèques
Finalement c'est Marc Tessier, et non Claude Durand, qui prend la tête d'une commission "sur la numérisation des fonds patrimoniaux des bibliothèques" (voir communiqué ministériel). La commission sera chargée d’étudier l’opportunité et les modalités d’un éventuel
accord avec un opérateur privé, pour numériser ou mettre en ligne les fonds des bibliothèques. Ses conclusions sont attendues pour la mi-décembre.
Claude Durand, ancien président des éditions Fayard, a "jeté l'éponge", selon l'expression du Figaro. Marc Tessier est ancien directeur général du Centre national de la cinématographie (CNC), ancien président de France Télévisions et actuel directeur général de Vidéo futur entertainment group.
Dernière minute : Claude Durand explique les raisons de son retrait à Livres Hebdo. Il souhaitait simplement répondre à la question "faut-il traiter avec Google", mais pas étudier les modalités d'un accord. Manifestement pas tout compris au film, M. Durand.
Et si vous vous demandez quoi penser de tout ça, allez faire un petit tour sur le blog Affordance d'Olivier Ertzcheid et son post "Google Books : quoi faire ?" dont j'extrais la recommandation suivante :" arrêter de réfléchir, de colloquer, de soliloquer, de journéed'étudier ... Nous avons en main tous les éléments. Essayons de les appliquer."
19:58 Publié dans Bibliothèques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : numérisation, réutilisation |
09.10.2009
La commission Durand sur la numérisation des livres : c’est pas déjà tout réfléchi ?
L’annonce d’un éventuel partenariat entre la BNF et Google a déclenché une importante polémique. Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand nomme une commission de réflexion sur la numérisation des livres, dont il confie la présidence à Claude Durand, ancien PDG de Fayard. Elle a deux mois pour proposer une stratégie.
Sauf qu’on a déjà réfléchi, beaucoup et intelligemment, au ministère de la culture : rapport Ory-Lavollée (disponible en pdf) sur la diffusion numérique du patrimoine en 2002, rapport du groupe de travail sur la diffusion et la réutilisation des données culturelles plus récemment. La démarche de la Bnf, explorant les possibilités de partenariat avec le privé, n’est pas un acte aventureux et surprenant, pas plus que l’accord effectivement conclu entre Google et la bibliothèque de Lyon.
Bon, on avait un peu oublié le rapport passionnel que semblent entretenir les Français avec le Patrimoine, la Culture, la Mémoire. On avait oublié de donner à cette réflexion un caractère public, d’expliquer, de permettre aux intéressés (public, medias, professionnels) de suivre le même chemin. On s’apprêtait enfin à diffuser une charte du ministère sur la diffusion et la réutilisation des données culturelles, sans mesurer la transgression qu’elle représenterait sans doute pour beaucoup. Alors on ne se vante pas d’avoir réfléchi, on dit qu’on va réfléchir.
Dans un laps de temps si court, il serait étonnant que la commission Durand renouvelle profondément la réflexion. Rendez-vous dans deux mois.
11:34 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : numérisation, réutilisation |
18.09.2009
Diffusion et réutilisation des données culturelles : enfin le rapport !
Sur son blog, David Monniaux, membre de Wikimedia France, explique que le ministère de la culture lui a fait parvenir au mois d'août un exemplaire du rapport du groupe de travail sur la diffusion et la réutilisation des données culturelles. La lettre d'envoi précise que ce document, qui sera prochainement médiatisé (faut quand même le temps d'organiser la com' et puis, ils attendent peut-être que retombent un peu la polémique Google) a vocation à devenir la charte du ministère en la matière.
Mieux, David Monniaux a pris la peine de scanner le document et vous pouvez le lire sous forme image, ou sous forme Ocerisée!
L'article de D. Monniaux dans lequel sont insérés ces liens comprend le texte qu'il a publié il y a peu dans une tribune de Libération, consacrée à ce qu'est et ce que devrait être une politique de diffusion des données publiques. A lire..
Merci, David.
Quant à la DAF, elle nous prépare quelque chose, comme le précise le message de MArtine de Boisdeffre répercuté notamment par @rchinet.
Merci, Martine.
16:18 Publié dans Archives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : données publiques, réutilisation |
31.07.2009
Inspirez, vous ferez de jolis portails
Je reviens toute ébouriffée d’une plongée dans le monde de la géomatique, parce que je voulais mieux comprendre la problématique mise en œuvre par DIGMAP. Google Earth ou le Géoportail français, dans des logiques différentes, sont des réalisations très spectaculaires dont les fonctionnalités et l’ergonomie très intuitive (navigation géographique) s’appuient sur des tas de trucs mathématiques et informatiques auxquels je ne comprends strictement rien, mais aussi sur des monceaux de données et de metadonnées, et là ça commence à me dire quelque chose. Surtout quand je comprends que la richesse de ce type de systèmes (SDI = Spatial Data Infrastructure) réside principalement dans les possibilités qu’ils offrent de combiner les données. Et pour combiner, il faut des standards, des standards, rien que des standards.
Deux acteurs majeurs de cette standardisation : le comité technique en charge de la normalisation de l’information géographique (TC 211) de l’ISO et The Open Geospatial Consortium, organisation internationale réunissant des partenaires publics et privés pour développer et promouvoir l’interopérabilité.
L’interopérabilité passe d’abord par des standards en matière de Webservice. Ils permettent aux systèmes d’être interopérables, c’est-à-dire de communiquer et échanger des données sans que l’utilisateur ait besoin de connaître les caractéristiques spécifiques à chaque système car une application connaissant les interfaces standards est capable d’utiliser n’importe quel composant respectant ces standards. Les spécifications OGC concernent les interfaces de catalogage, d’accès aux données, de cartographie WEB. (En savoir plus sur les spécifications de l’OGC).
Permettre aux systèmes d’interagir, c’est bien, mais encore faut-il que les données soient structurées de manière normalisée, elles aussi. Pas de souci, un ensemble de normes ISO (récapitulées sur EDEN) vous régule tout ça, ensemble au cœur duquel on trouve :
- La norme ISO 19115:2003 : métadonnées pour l'information géographique
La norme ISO 19110:2005, norme internationale intitulée Information géographique - méthodologie de cataloguage des entités
La norme ISO 19139 qui fournit un schéma XML.
La réutilisation des données géographiques a été constituée en véritable enjeu par l’Union européenne. La directive INSPIRE (en savoir plus sur le site INSPIRE du BRGM), entrée en vigueur en 2007, crée plusieurs obligations parmi lesquelles l’accès gratuit via internet aux catalogues de métadonnées dans 34 domaines, catalogues qu’il s’agit de constituer, et l’application de règles d’interopérabilité entre les métadonnées de ces domaines. Tout cela doit se matérialiser dès 2010 dans la première version d’un portail européen.
La mise en œuvre de la directive en France implique de nombreux acteurs : l’Etat, les collectivités, les établissements publics, certaines entreprises publiques, certaines entreprises privées chargées de missions de service public. On ne part évidemment pas de rien, d’autant plus que, depuis très longtemps, la France considère l’information géographique comme revêtant un intérêt majeur et donc nécessitant un pilotage étatique. Elle dispose d’opérateurs quasi-historiques avec l’IGN, lequel s’est vu confier en 2002, par le ministère de la défense (bigre !) le soin de mettre en place une structure d’expertise pérenne sur les questions de normalisation dans le domaine de l’information géographique (lien sur EDEN), ou le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières, établissement public depuis 1959). Les deux organismes ont collaboré au sein de l’initiative « Information Géographique » pilotée par la DGME pour créer le fameux Géoportail ainsi que le Géocatalogue, nettement moins connu que son grand frère très médiatisé et accessible à partir de la même interface. Le Géoportail, dont le maître d’œuvre est l’IGN, permet la visualisation et la navigation géographique. Le Géocatalogue, dont le maître d’œuvre est le BGRM, permet la recherche, le catalogage et l’interopérabilité. On peut considérer ces deux outils, et particulièrement le Géocatalogue, comme le fer de lance de l’application de la directive INSPIRE en France.
Et une nuée de personnes ont déjà commencé ou ne vont pas tarder à cataloguer les données de leur institution (voire les recataloguer ou mieux les convertir), en se servant notamment de l’application libre mise à leur disposition par le BRGM, Géosources. Et malgré les pesanteurs, les craintes, les rivalités, d’ici quelques années on accédera aisément à la majeure partie des données géographiques produites et gérées par les différents acteurs à l’œuvre.
Et dans le domaine des archives ? Ah oui, ce projet de portail européen que j'évoquais ici, et sur lequel le bulletin de l'EAD nous apporte plus de détails dans son numéro 36 (pdf), maintenant baptisé APEnet et qui dispose de son site.
10:55 Publié dans Archives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : réutilisation, norme, information géographique, site internet |
12.01.2009
La numérisation et les partenariats public/privé
J'ai dépouillé rapidement le dernier numéro de la revue Culture et recherche, réunissant les actes de la conférence européenne qui s'est tenue en novembre 2008 sur la numérisation du patrimoine culturel. Toutes les présentations sont très succinctes et c'est souvent frustrant, mais le tout compose un panorama très vivant et accessible, un état sommaire de la question à l'échelle européenne.
Mention spéciale pour les communications visant à présenter les modalités et surtout les raisons (tout simplement parce que c'est plus efficace) des partenariats conclus pour la numérisation de leurs collections par la BM de Lyon avec Google, et par les Archives nationale du Royaume-Uni avec plusieurs sociétés. Intéressante aussi, l'intervention de Patrick Danowski, du comité allemand Wikimedia, sur la réutilisation des données des bibliothèques, pour sa critique des pratiques des bibliothèques "traditionnelles" qui considèrent que, puisqu'elles numérisent les documents, le produit de cette numérisation leur appartient et n'entre pas dans le domaine public (même si l'original relève de ce dernier), et pour cette petite phrase "Mais surtout l'expérience du projet Wikipédia montre que c'est principalement la possibilité de réutilisation commerciale qui génère les projets les plus intéressants".
13:06 Publié dans Archives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : numérisation, réutilisation |
29.09.2008
Réutilisation des données publiques et services d'archives (2)
À l'occasion d'une demande de conseil présentée par le département de la Loire, la CADA a précisé le 31 juillet dernier (référence 20082643) la façon dont l'article 11 de la loi du 17 juillet 1978 (chap. II sur la réutilisation des données publiques) s'applique, ou plutôt ne s'applique pas, aux services départementaux d'archives : les services départementaux d’archives ont une mission de conservation qui revêt une dimension patrimoniale indéniable. Ces services d’archives doivent par conséquent être regardés comme des services culturels au sens de l’article 11 de la loi du 17 juillet 1978. Non soumis aux règles de droit commun de la réutilisation, ces établissements et services doivent élaborer leurs propres règles de réutilisation (par exemple, sous la forme d’un règlement ou de licences), dans le respect des principes généraux du droit et des législations transversales comme la loi CNIL ou le code de la propriété intellectuelle.
08:22 Publié dans Archives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : réutilisation, cada, législation |
07.06.2008
Un accord TGN/NARA
Le 20 mai dernier, NARA (Archives nationales des USA) a annoncé qu'elle venait de conclure un accord avec TGN (sites Ancestry), pour la numérisation et la mise en ligne d'archives intéressant la généalogie. La numérisation se fera sur place, dans les locaux de NARA, la consultation en ligne des documents sera (bien sûr) payante, mais des accès libres seront possibles à partir de postes de consultation installés dans toutes les salles de consultation de NARA. TNG fournira à NARA une copie des fichiers numériques ainsi que des métadonnées, dont NARA pourra se servir librement à l'issue d'une période de 5 ans. Je n'ai pas regardé en détail les termes de l'accord, qui me paraît assez proche de l'accord TNG/TNA.
C'est moins cet accord lui-même qui m'a intéressé que le fait que NARA en ait soumis le projet à commentaires sur internet dès le 10 mars. Je sais, je me suis déjà pâmée devant cette transparence, mais cette pratique est tellement difficile à imaginer en France, où on semble préfèrer les effets d'annonce (au fait, où il en est, ce projet de portail généalogique ?). Dommage, cependant, les commentaires n'étaient pas publics, cette transparence a donc quand même des limites. Mais le débat s'est tout de même engagé, via certains blogs et sites. Voir notamment, le billet d' Archivesnext, un archiviste de NARA réagissant à un billet de Free government information, et les 11 commentaires qu'il a suscités. Avec ça, on a un éventail assez complet des positions possibles.
11:04 Publié dans Archives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : numérisation, réutilisation |
03.04.2008
Mémoire des hommes, made in USA
Footnote.com et les Archives nationales des Etats-Unis (NARA) viennent, encore une fois, de s'associer pour proposer un accès virtuel au monument à la mémoire des soldats américains morts ou disparus au Vietnam.
Footnote a fait réaliser plus de 1500 photographies pour permettre aux internautes de visualiser le mur sur lequel sont gravés les noms de plus de 58 000 hommes. A chacun de ces noms sont associées les données sommaires relatives à sa disparition (nom, prénoms, domicile, grade, spécialité, date de naissance, de disparition, de décès, circonstances), sans doute fournies par NARA. De plus, les internautes peuvent, dans un esprit typiquement web 2.0, ajouter des photos ou des commentaires en hommage au disparu. On peut effectuer une recherche en parcourant le mur et en cliquant sur les noms rencontrés ou bien en utilisant un moteur de recherche.
De quoi inspirer au site Mémoire des hommes des idées d'évolution !
06:29 Publié dans Archives | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : web 2.0, réutilisation |
26.03.2008
NARA sur le point de conclure un accord cadre avec TGN
NARA a soumis à commentaires (quelle transparence, quand même, moi je n'en reviens pas !) les termes d'un accord cadre qu'elle souhaite conclure avec TG N(mais oui, cette même société qui essaie de mettre un pied en France, voir mon précédent billet) pour la numérisation et la mise en ligne de documents qu'elle conserve. Les principales dispositions de l'accord sont les suivantes :
- Les documents à numériser seront choisis d'un commun accord entre TGN et NARA
- NARA recevra une copie des fichiers numériques
- Les chercheurs auront un accès libre aux images numérisées et à l'indexation réalisée par TNG à partir des salles de lecture de NARA.
- L'accord est non exclusif
- TGN paye les frais liés à la numérisation, la conservation (à vérifier en ce qui concerne celle des copies remises à NARA), la création des metadonnées...
18:37 Publié dans Archives | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : numérisation, réutilisation |
21.02.2008
Ancestry.fr en passe de convaincre la DAF
Fortes de l'expérience qu'elles ont tiré de leur collaboration avec des centres d'archives anglo-saxons et/ou de l'interprétation qu'elles font de l'ordonnance du 22 juin 2005 sur la réutilisation des données publiques, des sociétés qui font commerce de données généalogiques en ligne démarchent les centres d'archives français.
TGN (The generations Network), plus connu sous le nom de ses sites internet, Ancestry, attaque tous azimuts, car tout l'intéresse pour nourrir son site français : les données compilées par les associations de généalogie, l'état-civil numérisé par les AD, mais aussi les archives qui n'ont pas encore fait l'objet de numérisation. Si la société a connu un bon accueil côté associations (TGN pense mettre en ligne au moins 5 millions de données à l'été suite à des accords avec le secteur associatif français), l'accueil a été un peu froid côté DAF, vers laquelle se sont retournées les AD démarchées et qui s'abrite derrière l'article 11 de la loi du 17 juillet 1978. A ce stade, la DAF autoriserait un essai avec des sites pilotes (3 services d'archives seraient demandeurs), avec une redevance proportionnelle à la consultation des fichiers numérisés (et voilà donc à quoi sert l'article 11). J'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre la logique de l'essai (on essaye quoi ?) et je me demande comment tout cela s'accommode de l'avis de la CNIL (saisine 03013708) qui a recommandé à la DAF de limiter la diffusion des données nominatives à la diffusion de fichiers images, afin de limiter les possibilités d'indexation et de recherche sur les sites WEB concernés, avis qu'a rappelé au conseil général du Maine-et-Loire la CADA dans son avis 20065259 (rappelons que le projet TGN passe par l'indexation des documents numérisés).
08:00 Publié dans Archives | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : réutilisation, CNIL, généalogiste |




