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31.07.2009

Inspirez, vous ferez de jolis portails

Je reviens toute ébouriffée d’une plongée dans le monde de la géomatique, parce que je voulais mieux comprendre la problématique mise en œuvre par DIGMAP. Google Earth ou le Géoportail français, dans des logiques différentes, sont des réalisations très spectaculaires dont les fonctionnalités et l’ergonomie très intuitive (navigation géographique) s’appuient sur des tas de trucs mathématiques et informatiques auxquels je ne comprends strictement rien, mais aussi sur des monceaux de données et de metadonnées, et là ça commence à me dire quelque chose. Surtout quand je comprends que la richesse de ce type de systèmes (SDI = Spatial Data Infrastructure) réside principalement dans les possibilités qu’ils offrent de combiner les données. Et pour combiner, il faut des standards, des standards, rien que des standards.

Deux acteurs majeurs de cette standardisation : le comité technique en charge de la normalisation de l’information géographique (TC 211) de l’ISO et The Open Geospatial Consortium, organisation internationale réunissant des partenaires publics et privés pour développer et promouvoir l’interopérabilité.

L’interopérabilité passe d’abord par des standards en matière de Webservice. Ils permettent aux systèmes d’être interopérables, c’est-à-dire de communiquer et échanger des données sans que l’utilisateur ait besoin de connaître les caractéristiques spécifiques à chaque système car une application connaissant les interfaces standards est capable d’utiliser n’importe quel composant respectant ces standards. Les spécifications OGC concernent les interfaces de catalogage, d’accès aux données, de cartographie WEB. (En savoir plus sur les spécifications de l’OGC).

Permettre aux systèmes d’interagir, c’est bien, mais encore faut-il que les données soient structurées de manière normalisée, elles aussi. Pas de souci, un ensemble de normes ISO (récapitulées sur EDEN) vous régule tout ça, ensemble au cœur duquel on trouve :

- La norme ISO 19115:2003 : métadonnées pour l'information géographique

La norme ISO 19110:2005, norme internationale intitulée Information géographique - méthodologie de cataloguage des entités

La norme ISO 19139 qui fournit un schéma XML.

La réutilisation des données géographiques a été constituée en véritable enjeu par l’Union européenne. La directive INSPIRE (en savoir plus sur le site INSPIRE du BRGM), entrée en vigueur en 2007, crée plusieurs obligations parmi lesquelles l’accès gratuit via internet aux catalogues de métadonnées dans 34 domaines, catalogues qu’il s’agit de constituer, et l’application de règles d’interopérabilité entre les métadonnées de ces domaines. Tout cela doit se matérialiser dès 2010 dans la première version d’un portail européen.

La mise en œuvre de la directive en France implique de nombreux acteurs : l’Etat, les collectivités, les établissements publics, certaines entreprises publiques, certaines entreprises privées chargées de missions de service public. On ne part évidemment pas de rien, d’autant plus que, depuis très longtemps, la France considère l’information géographique comme revêtant un intérêt majeur et donc nécessitant un pilotage étatique. Elle dispose d’opérateurs quasi-historiques avec l’IGN, lequel s’est vu confier en 2002, par le ministère de la défense (bigre !) le soin de mettre en place une structure d’expertise pérenne sur les questions de normalisation dans le domaine de l’information géographique (lien sur EDEN), ou le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières, établissement public depuis 1959). Les deux organismes ont collaboré au sein de l’initiative « Information Géographique » pilotée par la DGME pour créer le fameux Géoportail ainsi que le Géocatalogue, nettement moins connu que son grand frère très médiatisé et accessible à partir de la même interface. Le Géoportail, dont le maître d’œuvre est l’IGN, permet la visualisation et la navigation géographique. Le Géocatalogue, dont le maître d’œuvre est le BGRM, permet la recherche, le catalogage et l’interopérabilité. On peut considérer ces deux outils, et particulièrement le Géocatalogue, comme le fer de lance de l’application de la directive INSPIRE en France.

Et une nuée de personnes ont déjà commencé ou ne vont pas tarder à cataloguer les données de leur institution (voire les recataloguer ou mieux les convertir), en se servant notamment de l’application libre mise à leur disposition par le BRGM, Géosources. Et malgré les pesanteurs, les craintes, les rivalités, d’ici quelques années on accédera aisément à la majeure partie des données géographiques produites et gérées par les différents acteurs à l’œuvre.

Et dans le domaine des archives ? Ah oui, ce projet de portail européen que j'évoquais ici, et sur lequel le bulletin de l'EAD nous apporte plus de détails dans son numéro 36 (pdf), maintenant baptisé APEnet et qui dispose de son site.

 

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