« Musée de l'histoire de France : rendez-vous le 14 juillet ? | Page d'accueil | Le microfilm et l'utilisateur »

21.07.2009

DIGMAP : référencement en ligne de cartes anciennes numérisées

DIGMAP pour « discovering past world with digitized maps », est un projet qui a été développé dans le cadre du programme Econtent plus (pour 950 000 euros quand même). Il est arrivé à échéance et a produit deux résultats :

- un jeu d’outils libres pour des « bibliothèques numériques géoréférencées ». En s’appuyant sur le meilleur des deux mondes, celui des bibliothèques d’une part, et celui des données géographiques, qui bénéficient tous deux d’un système de normes descriptives ainsi que de normes pour l’interopérabilité des systèmes. Mais vouloir géoréférencer des cartes anciennes amène à se confronter à des problèmes qu’aucun des univers n’avait été amené à prendre en compte.

- un portail permettant d'accéder aux collections de cartes de quelques institutions européennes (bibliothèques nationales d'Italie à Florence, d'Estonie,  de Belgique, institut de mathématiques et d'informatique de l'académie des sciences de Bulgarie, instituto superior técnico du Portugal, universidad politécnica de Madrid) et dont les concepteurs espèrent qu’il est appelé à devenir la principale source d’information et de référence internationale en matière de cartes anciennes et de bibliographie apparentée, partie intégrante de TEL, la bibliothèque européenne (oui TEL, The European Library, qui doit être à Europeana ce que le catalogue général de la BNF est à Gallica).

Bon, à vrai dire, j’ai été un peu déçue par le portail (en fait, je pensais naïvement que j’allais pouvoir naviguer là-dessus comme sur le Géoportail ou sur Google Earth), mais c’est expérimental, hein, et puis si c’est parti pour devenir the reference internationale en matière de cartes anciennes, c’est à suivre, non ? Et puis, faut voir les outils à l’œuvre dans des applications locales où les fonctionnalités pourraient être plus développées (si j’en crois les images d’une application test consacrée aux îles Canaries), ce que DIGMAP nous promet sous peu puisqu’ils sont en train d’installer leurs outils dans les institutions partenaires.

Et vous, vous ne rêvez pas de géoréférencer vos données, le cadastre ancien par exemple ? : Voici déjà un ouvrage de référence pour débuter et la présentation d'un programme de recherche, Alpage, visant à "développer des logiciels de reconnaissance des formes adaptés aux plans cadastraux anciens et un SIG (Système d'Information Géographique) comprenant des couches cadastrales et historiques". Avec en prime, le numéro 44 de la revue électronique Le médiéviste et l'ordinateur : Pierre Portet, dir., Les systèmes d’information géographique, dans Le Médiéviste et l’ordinateur, 44, 2006 [En ligne].

Sans aller jusque là, que faire pour rendre les images du cadastre disponibles en ligne réutilisables par des SID ?

Commentaires

Bonjour,
oui, nous en avons rêvé et c'est en ligne. http://www.geoportail.fr/?t=metropole&c=2.34,48.85&z=9&l=Photo(100),Cassini(70)

Pour hommage à :
la famille Cassini qui a réalisé le fond topographique,
à Marie-Antoinette qui en avait peut-être commandé un exemplaire rehaussé de coluleurs puisqu'il en reste un conservé dans un étui à ses armes,
à la famille Smith-Lesouëf qui l'a conservée avant d'en faire don à l'Etat.

Nos remerciements
à la Bibliothèque Nationale de France qui a conservé et numérisé,
à l'EHESS et à son laboratoire de démographie historique qui a géoréférencé et assemblé avec précision les 163 coupures.

Le résultat est précieux et utile pour illustrer l'évolution d'un trait de côte par exemple dans ce cas :
http://www.geoportail.fr/?t=metropole&c=4.1,43.5&z=10&l=Photo(100),Cassini(70),Scan(50)

Pour ce qui est des cadastres napoléoniens, il faudrait faire un travail équivalent à celui qui a été fait pour la BD Parcellaire visible sur le Géoportail sur toute la France:
http://www.geoportail.fr/?t=metropole&z=3&c=2.4192,48.8433&l=Parcelles
Géoréférencer environ 550 000 planches au format "Grand Aigle", isoler l'image utile, assembler, redécouper en dalles régulières, la tâche est donc considérable.
De nombreuses Archives Départementales nous font patienter en proposant la consultation du cadastre napoléonien par planches séparées.
Merci pour ces précieux liens vers Digmap et Alpage.
Bien cordialement

Ecrit par : Alain Chaumet | 28.08.2009

Ecrire un commentaire