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24.02.2009

Musée de L'histoire de France, suite

L'historien et inspecteur général de l'Education nationale Jean-Pierre Rioux a été chargé, lundi 16 février, par la ministre de la culture d'expertiser une liste de sites susceptibles d'accueillir le futur musée de l'histoire de France, dont la création avait été annoncée, le 13 janvier, par le président de la République. Cinq lieux sont cités dans sa lettre de mission : l'hôtel des Invalides, l'hôtel de Soubise et le Musée d'histoire des Archives nationales qui y est logé, ainsi que les châteaux de Vincennes, de Fontainebleau et de Versailles. Un rapport devrait être rendu à la fin du mois d'avril. Bon mes infos du 5 février n'étaient pas si loin de la réalité.

Le maire de Vincennes est enthousiaste ! Il a d'ailleurs lancé un comité de soutien pour le projet. Si vous voulez adhérer, c'est ici. Les villes de Fontainebleau et Versailles sont muettes sur le sujet, en tout cas sur leur site internet. Cela se comprend, l'installation d'un musée de l'histoire de France n'apportera pas de notoriété supplémentaire aux châteaux de F. ou de V. et puis cela doit faire belle lurette que les rapports entre ville d'une part et établissements culturels d'autre part sont stabilisés, alors que Vincennes est un désert touristique que se disputent plus ou moins la ville, le ministère de la culture, celui de la défense.

Concernant l'établissement du château de Versailles, on peut déduire du ton adopté sur son blog par son directeur, Jean-Jacques Aillagon, que ce dernier est plutôt réservé sur le sujet. Mais assez préoccupé quand même pour avoir créé une rubrique spécialement dédié au projet !

 

13:36 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : musée |

Commentaires

La mairie de Vincennes peut être enthousiaste, elle n'est directement responsable financièrement de rien de ce qui porte l'appelation "Vincennes". Ni le Bois, ni la cartoucherie, ni l'hippodrome, pas même le centre de rétention ne sont sur la commune !

Quand au château, qui est partagé entre le ministère de la Culture et la Défense, le maire en connaît le donjon, infiniment moins le SHD et les coûts colossaux nécessaires pour la réhabilitation des bâtiments et leur remise aux normes. Alors, que l'Etat paie la centaine de millions d'euros nécessaire, ce ne sont pas les quelques 50000 vincennois qui supporteront la facture !

Quant à la relocalisation d'un service d'archives à compétence nationale comme le SHD à proximité de Paris, avec 60 kml dans le château même, un magasin de 80 kml TOUT NOUVEAU livré au Fort-Neuf en juillet et environ 500 kml d'archives gérées au total avec les sites extérieurs et les versements en attente, cela voudrait dire une autre facture de 100 millions d'euros ? ou bien une intégration dans Pierrefitte, qui en serait immédiatement saturé ? et je ne parle même pas du choc de culture entre AN et SHD, qui ne serait pas forcément profitable à aucun des deux après un tel traumatisme...

Sommes-nous en crise financière ou non, pour rêver même à de tels utopies ? Et si le musée de l'histoire de France, ce pouvait être un Catalogue général des archives de l'ensemble des services français en ligne et à jour, à l'image du CCFR ? L'inauguration serait plus confidentielle, le coût moins élevé, mais l'intérêt peut-être plus grand...

Quant à l'image de Vincennes comme monument "national", c'est une reconstruction historique patente. Le beau "Vincennes militaire" paru en 2008 (SHD, dir. Emmanuel Pénicaut et Luce Gaume) montre au contraire que les XIXe et XXe siècle ont été militaires et point.

Seul Malraux a rêvé de Vincennes pour y installer l'Elysée, et c'est assez ironique de voir potentiellement NS reprendre la dernière allumette de ce flambeau alors qu'il a mis à l'étude la disparition du MCC.

Souhaitons que le musée de l'histoire de France soit immatériel ou ne soit pas !

Ecrit par : Leos | 25.02.2009

Je ne pense pas qu'il faille redouter un "choc" culturel AN/SHD. Le projet avorté du Centre des archives nationales de Reims intégrait la Défense et les AN. Ca fait belle lurette que les conservateurs des AN ont l'habitude d'aller travailler au SHD ... et d'en revenir. Personne n'en est mort, ni les militaires, ni les chartistes. Il y a dans ces affaires des questions de vanité ministérielle (de la part de la Défense, la Culture étant par nature et par mission intégratrice et sans amour propre déplacé en matière d'archives), vanité qui finit par coûter fort cher pour peu de résultats. Plutôt que de privilégier des solutions intelligentes et porteuses d'avenir, notre époque sous le feu de la RGPP, privilégie la promotion de la bêtise crasse, la démolition ciblée de tout ce qui fonctionne et pourrait jouer un rôle de contre-pouvoir, l'appropriation et la confiscation des archives au seul profit des administrations (ne rendons pas de comptes, aucune recherche historique possible ..) ainsi que l'exploitation commerciale effrénée et affligeante dans sa conception de tout élément de culture (vendez tout, vendez tout, faites commerce de tout ...).

Un catalogue général .. voire. Un portail, oui, la notion de catalogue étant particulièrement peu pertinente appliquée aux archives. La Direction des Archives de France a piloté la réalisation de plusieurs portails thématiques, malgré les très maigres moyens qui lui étaient octroyés. Récompense ? La mort, programmée dans le cadre de la RGPP ....

Ecrit par : Minnie | 06.03.2009

@Minnie,
Je ne pensais pas à des querelles de personnes en parlant de "choc culturel", mais à la difficulté que présenterait une fusion de services après des déménagements complets, dont on sait -et les Affaires étrangères le prouvent aujourd'hui- qu'ils sont chronophages, complexes et sources de tensions au sein des équipes de travail puisqu'on en "profite" pour y réaliser toutes les opérations de reconditionnement, (re)cotation et récolement en attente depuis des années et rendus indispensables pour les transferts. Il est bien, après de tels efforts, de pouvoir "respirer" un peu en valorisation ce labeur invisible auprès du public, et de nouveaux publics, avant d'attaquer d'autres Everests, aussi souhaitables soient-ils.

Quant à la convergence des méthodes et des outils, elle est plutôt en nets progrès ces dernières années, non ? et en grande partie liée à une modernisation de l'Etat (qu'on l'apelle LOLF, Livre Blanc ou RGPP) qui impose le partage des doctrines et des outils... Les avis de la CADA sont suivis et même anticipés, tout les ministères, autant MAE et MinDef que le MCC ont participé à une réflexion unifiée sur l'application de 2008-696 et les portails communs se développent plus qu'ils ne meurent, la généalogie et l'exploitation des bases de Bad Arolsen par exemple.

Je vous rejoins par contre en considérant que des portails thématiques (c'est presque la caractéristique du portail actuel) ne suffisent pas à rendre compte de la richesse de l'ensemble des fonds d'archives. Mais "état général" renvoie pour le public à une singulière histoire révolutionnaire, ou à pas grand chose. "Catalogue" a ses défauts bien sûr, mais c'est un "mot outil" et il n'est pas connoté comme une base de données fermée, il peut être actualisé, enrichi de fiches ISAAR, ISAF ou ISAD, sémantiquement interrogé, frbr-isé... En un mot ça ne veut rien dire de spécifique mais ce ne serait pas forcément un si mauvais projet pour y faire vivre l'ensemble des archives de France et d'Outre-mer.

Ecrit par : Leos | 09.03.2009

Euh... Pierrefitte n'en serait pas "immédiatement saturé", Pierrefitte ne pourrait tout simplement pas contenir - sauf à entamer immédiatement la construction de l'extension prévue à 30 ans. Pierrefitte est calibré pour les AN après 1790 (en gros, 200 à 250 kml) et 30 ans d'accroissements raisonnables.
Si on rajoute le SHD, on commence immédiatement le choix de l'architecte pour le deuxième bâtiment.
Remarquez, pourquoi pas?

Plus sérieusement, entre le SHD qui sort d'une réforme administrative, et les AN qui sortent d'une première réforme et entameront bientôt la prochaine (fixation de l'organisation sur trois sites)... bon courage à qui voudrait tenter une fusion pour "tenir" et accompagner les équipes.

Ceci posé, le musée de l'histoire de France (l'idée actuellement à l'étude) n'est pas nécessairement conçu comme un lieu de mise en valeur des sources d'archives (ou des collections de tableaux) ; si c'est un centre d'interprétation, la surface nécessaire n'est pas aussi importante (et la facture non plus).

Ecrit par : AnneOnyme | 13.04.2009

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