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30.06.2008

Collecter via internet : The Great War Archive

L'université d'Oxford collecte via internet des "memorabilia" de la Grande guerre (lettres, photos, journaux, films, poèmes...) ainsi que toute histoire ou anecdote ayant nourri la tradition familiale. Il suffit de s'enregistrer, de donner quelques détails sur les documents proposés et de charger les fichiers correspondants.

Quelques exemples de documents déjà collectés sont d'ores et déjà visibles mais la collection ainsi constituée ne sera rendu intégralement disponible que pour le 90e anniversaire de l'Armistice, le 11 novembre. 

17.06.2008

Pour mémoire

En faisant un peu de ménage dans mes favoris, j'ai retrouvé un lien sur une page que j'avais trouvée en furetant sur internet en cherchant à faire un état des problèmes qu'avait suscité ces dernières années la loi de 79 en matière de communicabilité.

L'affaire Einaudi-Papon, vous vous souvenez ? Le témoignage en faveur d'Einaudi de deux archivistes des AD de Paris, mis par la suite au ban de la profession par l'AAF et placardisés par leur direction. Ce n'est pas que j'avais oublié, juste que je n'y pensais plus et j'ai repris tout ça en pleine figure. Pas jolie-jolie, cette histoire.

16.06.2008

Falsification d'archives

Un appel à communication de l'Université de Louvain (Falsifications, instrumentalisations, censures, divulgations : Les maltraitances archivistiques, avril 2009) m'a remis en mémoire cette incroyable histoire de faux découverts aux Archives nationales du Royaume-Uni.

En Juillet 2005, alertée par un journaliste qui voulait en savoir plus sur les documents que citait un certain Martin Allen à l'appui de son ouvrage, Himmler Secret's War, TNA découvre que 29 documents, tous forgés pour venir à l'appui d'une thèse selon laquelle le gouvernement de Churchill entretenait en secret d'excellentes relations avec Himmler jusqu'au moment où il l'aurait fait assassiner, avaient été introduits dans 12 dossiers différents. 

L'enquête policière a confirmé que ces documents étaient des faux et a permis de resserrer l'étau sur le principal suspect, le fameux Allen. Cependant, la Justice britannique a décidé en octobre 2006 de ne pas poursuivre, du fait de l'état de santé du bonhomme. L'affaire a donc été close au grand scandale de certains historiens britanniques, qui viennent de signer une lettre ouverte pour protester contre cette décision.


 

13.06.2008

Archives électroniques et privées

Dans un monde où l'on ne prend plus que des photos et des vidéos numériques que l'on stocke sur son disque dur et qu'on partage sur Flick'r, où l'on tient son journal et son agenda sous forme électronique et qu'on les partage sur son blog, où l'on ne communique plus par lettre mais par mèl et chat, où l'on renseigne le questionnaire de Proust en ligne et non plus dans un charmant petit album, collecterons nous encore demain des fonds privés ?

La British Library lance The Digital Lives Project, projet de recherche consacré aux rapports entre "personal digital collections" et institutions de conservation. Au menu, notamment :

- Etablir des méthodes et développer des outils permettant de transférer les documents en question des particuliers aux institutions de conservation, de les gérer, les décrire et les conserver, tout en tenant compte de la nature hybride de ces fonds, où se mêlent documents électroniques et documents sur autres supports.

- Elucider les règles déontologiques et la législation s'appliquant notamment à l'acquisition et à la communication de ce type de documents.

-  Mieux connaître les possibilités de plus en plus nombreuses offertes aux particuliers par diverses entreprises pour gérer et publier leurs documents et explorer la possibilité de nouer avec elles des liens de manière à leur faire jouer un rôle dans la préservation des données (et, même si cela n'est pas dit expressément, sans doute aussi la collecte).

 

10.06.2008

Le projet de portail archivistique européen

Le ministère espagnol de la culture a mis en ligne une présentation qui permet d'en savoir un peu plus sur le projet de portail archivistique européen, dont j'ai eu vent au mois de janvier dernier. Si je comprends bien (la présentation est succincte), outre un accès vers les archives (leur description ou leur consultation en ligne, avec au final 16 millions d'unités de description et 31 millions d'images) et vers Europeana avec laquelle il doit être interopérable, le portail devrait offrir une information sur la conservation et la prévention des désastres, les archives électroniques, la législation archivistique, concourir également à la prévention des vols. Le groupe de travail, coordonné par l'Espagne, se donne trois ans pour en venir à bout.

09.06.2008

Journée internationale des archives

Aujourd'hui, c'est la journée internationale des archives, instaurée par l'ICA il y a quelques mois seulement. Vous faites quelque chose, vous, à cette occasion ? Moi non, je vais essayer d'y penser pour l'année prochaine.

08.06.2008

Un peu d'infos sur SPAR

Pour un point rapide sur SPAR, le projet de plate-forme d'archivage électronique de la BNF, on peut maintenant consulter l'information qu'a mise en ligne à ce sujet la BNF. Clair, synthétique, illustré.

07.06.2008

Un accord TGN/NARA

Le 20 mai dernier, NARA (Archives nationales des USA) a annoncé qu'elle venait de conclure un accord avec TGN (sites Ancestry), pour la numérisation et la mise en ligne d'archives intéressant la généalogie. La numérisation se fera sur place, dans les locaux de NARA, la consultation en ligne des documents sera (bien sûr) payante, mais des accès libres seront possibles à partir de postes de consultation installés dans toutes les salles de consultation de NARA. TNG fournira à NARA une copie des fichiers numériques ainsi que des métadonnées, dont NARA pourra se servir librement à l'issue d'une période de 5 ans. Je n'ai pas regardé en détail les termes de l'accord, qui me paraît assez proche de l'accord TNG/TNA.

C'est moins cet accord lui-même qui m'a intéressé que le fait que NARA en ait soumis le projet à commentaires sur internet dès le 10 mars. Je sais, je me suis déjà pâmée devant cette transparence, mais cette pratique est tellement difficile à imaginer en France, où on semble préfèrer les effets d'annonce (au fait, où il en est, ce projet de portail généalogique ?). Dommage, cependant, les commentaires n'étaient pas publics, cette transparence a donc quand même des limites. Mais le débat s'est tout de même engagé, via certains blogs et sites. Voir notamment, le billet d' Archivesnext, un archiviste de NARA réagissant à un billet de Free government information, et les 11 commentaires qu'il a suscités. Avec ça, on a un éventail assez complet des positions possibles.

 

 

06.06.2008

Table ronde "Comment exposer la photographie ?"

Intéressée par la polémique autour de l'exposition Zucca (voir mon précédent billet sur le sujet), j'ai voulu assister à l'une des conférences organisées par la BHVP (ou par la municipalité) pour la désamorcer et la "positiver", intitulée "comment exposer la photographie ?".

J'ai surtout appris comment NE PAS organiser une table ronde ! Cela se déroulait dans la grande salle de lecture toute en longueur de la BHVP, au charme certain mais dont les lourdes et larges tables ne peuvent être bougées et qui ne dispose pas d'estrade. Je pense que plus de la moitié des 80 à 90 personnes présentes ne pouvaient voir les intervenants, lesquels ne semblaient pas s'en rendre compte. Deux heures à regarder la nuque de mon voisin de devant en essayant de deviner qui parlait ! Cette installation hâtivement mise en place après le départ du dernier lecteur, cela vous avait un côté "la vieille dame fait ce qu'elle peut avec ce qu'elle a" et, en repensant à la pauvreté de l'espace d'exposition, je me suis demandée si le ratage de l'exposition Zucca ne venait pas en partie de la position de la BHVP dans le champ des institutions culturelles parisiennes. Petite maison familiale, s'accommodant si bien de ses limites qu'elle ne les voit plus, sachant que personne ne l'attend sur rien et visant au mieux un succès d'estime : ça peut vous forger en quelques années seulement des esprits ne sachant plus voir que par le petit bout de la lorgnette et incapables de détecter les enjeux. 

Pour en revenir au débat,  le contenu des interventions était assez inégal, et je ne suis pas sûre d'avoir appris grand chose. Virginie Chardin, qui fut commissaire de l'exposition "Paris en couleurs" où furent présentés des photographies en couleurs de Paris sous l'Occupation, dont quelques Zucca, a présenté l'ensemble de la démarche qu'elle a mise en oeuvre pour présenter ces photos dont elle a tout de suite compris qu'elle ne pouvait les présenter de la même manière que celles des périodes précédentes et postérieures (la présentation était chronologique). Cela s'est traduit par un dispositif scénographique particulier (projection des images dans un espace dédié, plongé dans le noir et le silence, avec avertissement préalable). Les autres intervenants ont abandonné ce parti-pris très concret (comment je m'y suis pris pour), deux d'entre eux se sont du coup noyés dans des généralités frisant la banalité. Les propos de Daniel Girardin, commissaire de l'exposition "Controverses" qui vient de s'achever à Lausanne, laquelle retrace l'histoire des controverses dans la photographie, avaient plus de flamboyance mais sont restés eux-aussi très généraux : il faut un point de vue (mieux vaut assumer, voire créer la polémique qe la subir), une connaissance de la photographie qui ne se limite pas à une connaissance de la technique photographique ("moins on a de connaissance de la photographie, plus on parle de technique"), une connaissance du contexte. Il faut savoir conserver sa liberté d'expression (par rapport aux sponsors notamment, mais aussi par rapport aux photographes exposés ou à leurs familles).

 

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