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15.05.2008

Je veux l'inventaire du fonds Giscard d'Estaing en ligne !

Tout le monde se souvient que, l'année dernière, les Archives nationales ont sorti l'inventaire des archives de la présidence de la République sous le septennat de Giscard d'Estaing. Qu'est-ce qu'on était fier, hein, de voir qu'on parlait d'un instrument de recherche dans la presse, même que Pierre Assouline lui avait consacré un post sur son blog !

C'est d'ailleurs suite à cette lecture que j'ai eu moi aussi envie de voir de quoi il retournait, et que je me suis rendue compte que l'inventaire n'était pas disponible en ligne sur le site des Archives nationales, ou plus exactement que n'était disponible que le répertoire numérique des tirages du service photographique de la présidence.

Rebelote maintenant avec le répertoire de la sous-série F8, que vient de publier la documentation française : disponible sous forme papier, mais pas en ligne !

Je ne vois que deux raisons possibles à cela :

1- Les Archives nationales n'ont pas vraiment intégré la dimension numérique dans leur politique de publication : un oubli, quoi !

2 - Les Archives nationales ne savent pas comment intégrer la dimension numérique dans leur politique de publication : la mise en ligne risquant de faire concurrence à la version papier, pas de mise en ligne ou une mise en ligne différée (de combien de temps, on peut savoir ?).

C'est nul, non ?

Commentaires

On a bien sûr envie de répondre "oui" à la dernière question. Mais la question la plus intéressante, c'est "pourquoi?" Responsabilités respectives de services différents? Problème de droits avec la maison d'édition? Volonté de retravailler ces centaines de pages pour un accès web?
Et comment ont été produits ces instruments de recherche? Avec une optique d'édition papier? Encodés directement en EAD?
Vous enquêterez? :-)

Ecrit par : Sous la poussière | 15.05.2008

1 Travaux de longue haleine commencés avant de disposer d'outils d'encodage (sauf photos, conçues et numérisées directement pour diffusion en ligne). D'où un choix : soit on refait tout et on publie... un jour... soit on publie papier.

2 Obligation du papier pour publication "de prestige" ; or, celles-ci sont en coédition, d'où difficulté à mettre en ligne en parallèle (cela dit, je ne pense pas que l'obstacle aurait été insurmontable, avec par exemple un délai de mise en ligne). Et s'il y un domaine sur lesquels une institution encore fragile n'a pas intérêt à se priver d'opérations de prestige, c'est bien les archives présidentielles. De même, s'il y a un public pour lequel l'ouvrage livre (matériel) est important, c'est le public institutionnel... [en revanche, je vous accorde que l'argument est inopérant pour F/8]

3 Difficulté rencontrées avec l'outil de diffusion XML/EAD des AN.
Contrairement à ce qui est hélas visible sur le site internet, la production EAD (directe ou rétroconversion de base de données) est abondante et de bonne qualité aux AN, où, en outre, il y a une bonne concentration d'encodeurs bien formés. Hélas, comme pour bcp de choses aux AN, c'est en diffusion/communication que ça pêche. Du coup, diffusion en ligne essentiellement en pdf, voire sous forme de pages html (tout l'état général des fonds, pas mal de répertoires ou d'inventaires)... Pas génial, mais il y du contenu - vous trouverez notamment F/7 (Police générale, drôlement plus intéressant que F/8, à mon avis...).
Pour revenir sur le point 2, une opération "de prestige" avec diffusion numérique n'est pas envisageable en l'état : plus "nul" que seulement du papier, c'est le plantage d'une édition numérique.

En ce qui concerne l'outil de diffusion pour des instruments de recherche en XML, je ne peux pas m'étendre sur les problèmes actuels, mais il y a diverses pistes de résolution, l'une à court terme sur le volet production (pour faciliter la production directe en XML ; vous ne le verrez donc pas tout de suite sur internet, mais ça limitera l'arriéré papier à rétroconvertir ensuite), l'autre (dans le cadre du projet de nouveau bâtiment) sur les volets production et diffusion. Si les petits cochons de Bercy ne mangent pas le chaperon rouge AN, ça devrait être vraiment bien.

Au passage, pour la numérisation, c'est idem : c'est le volet diffusion qui fait que l'activité a l'air inexistante.

En attendant... de bric et de broc, il y a du contenu sur le site des AN : des inventaires, et des possibilités de démarches en ligne -certaines très artisanales (demande de dérog), mais d'autre beaucoup plus abouties (en particulier la demande de communication en ligne : vous saisissez de chez vous, et le fantôme sort directement aux AN).

Dernier point (qui est l'explication ultime du reste...) : les AN sortent de 15 ans de crise ; elles n'ont de statut administratif clair que depuis décembre 2006, et ont longtemps été très fragmentées avec ce que ça implique de difficulté notamment en matière de production/diffusion normalisée d'instruments de recherche.
Aujourd'hui, tout est en phase de re-construction, pour l'informatique, pour la politique éditoriale -et pour le reste : les projets et les compétences sont là, l'expérience aussi (il y a eu bcp de projets extrêmement intéressants, mais très mal rendus visibles ou accessibles), mais ce n'est pas encore visible parce que ce sont des projets à long terme... et que les forces et le temps manquent encore un peu pour une politique de communication autre que "ciblée".

Désolée de ce message long et décousu (et bravo pour votre blog:)

Ecrit par : Anne Onyme | 16.09.2008

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