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26.02.2008
Le musée de l'histoire civile et militaire de la France : un projet présidentiel
La France a-t-elle une âme ? C'est à répondre (positivement, bien sûr) à cette intéressante question que devrait se consacrer le futur musée de l'histoire civile et militaire de la France, d'après le rapport que le ministre de la défense et celui de la culture, qui en sont les commanditaires, viennent de rendre public. La problématique apparaît moins étonnante quand on sait que ce projet répond aux voeux présidentiels.
L'introduction et surtout le premier chapitre ("Clio, la muse préférée des Français est malade ; la France souffre de son histoire" - il y aurait sans doute beaucoup à gloser sur ce registre doloriste qui renvoie à une "actuelle crise identitaire du pays"-) s'emploient à déminer, avec quelque courtisanerie (ce qu'a dit le Président et comment cela s'inscrit dans une tradition historigraphique qui va de Michelet à Braudel, en passant par Renan, Péguy, Jaurès, Camus et Marc Bloch, mais aussi Max Gallo) mais non sans finesse, un terrain dangereux. L'auteur croit avoir beau jeu en dénonçant l'utilisation de la mémoire, des mémoires, et même (quelle audace) l'encouragement et l'utilisation qu'en ont fait les politiques. A ces mémoires, proies des groupes et des communautés, il oppose la scientificité de l'histoire, laquelle ne saurait avoir pour objet que la France (l'Etat, la Nation, on ne sait trop). Mais, attention, sur cette histoire, il n'est pas question de tenir un discours officiel, bien au contraire puisqu'il s'agit de dégager le socle des faits indubitables, des connaissances avérées sur lesquelles on laissera s'épanouir les mille fleurs du débat historique. Les intentions sont tellement pures, d'ailleurs, qu'on est prêt à donner des gages aux trublions qui ont manifesté leur opposition aux lois mémorielles en signant le manfeste "Liberté pour l'histoire" et à souscrire au cadre déontologique ainsi dessiné : l'histoire n'est ni une religion, ni une morale. Elle n'est pas esclave de l'actualité, elle n'est pas la mémoire, ni un objet juridique. D'ailleurs, promis-juré, tout le programme sera validé par un comité scientifique à la composition irréprochable.
Bon, d'accord, mais c'est quoi une histoire qui se laisse imposer sa problématique ("Oui, la France a une âme") ? Au fait, ça sert à quoi, l'identité nationale ?
21:44 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, musée
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