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17.11.2007
Numérisation : just do it !
L'OCLC a récemment fait paraître, en guise de synthèse d'une journée d'études qui s'est tenue au mois d'août dernier à la Newberry library de Chicago (dans le cadre du congrès annuel de la SAA, société des archivistes américains), un rapport au ton et au contenu volontairement provocateurs sur la numérisation et la mise en ligne des "sources primaires" ("primary sources", au rang desquels les fonds d'archives, les collections de manuscrits ou de cartes..), lesquelles restent très marginales par rapport aux imprimés. Comment "changer de vitesse et rejoindre le courant (Shifting gears : gearing up to get into the flow)" ?
De cette synthèse, on peut retenir deux idées-forces.
La quantité est une qualité en elle-même
La première de ces idées-force est très bien synthétisée par Lorcan Dempsey, dans la recension qu'il fait du rapport : dans ce domaine, la quantité est une qualité en elle -même.
Il faut donc renoncer à nombre de principes. En premier lieu, la numérisation doit d'abord être comprise comme un moyen de diffusion, et non comme un moyen de préservation. On peut ainsi, si nécessaire, faire des compromis sur la résolution de l'image. En second lieu, il faut savoir renoncer à fignoler des projets cousus main avec des images sélectionnées et décrites avec minutie, et des applications spécialement dédiées. Tout ce qui est numérisé n'a pas besoin d'être minutieusement décrit. Un haut niveau de description associé, selon les cas, à l'ensemble du fonds numérisé ou même à certaines de ses parties seulement, peut représenter un compromis suffisant, lequel sera toujours plus satisfaisant pour l'utilisateur que l'absence de données sur internet.
Inscrire la numérisation dans le processus d'acquisition et de traitement
La seconde idée-force est qu'il faut inscrire la numérisation dans le processus du traitement des fonds, au moment de l'entrée [au moins en ce qui concerne chez nous les entrées par voie extraordinaire] ou du classement, car l'évaluation et la sélection qui ont présidé à la programmation de ces opérations valent également pour la numérisation. En fait, le rapport va même plus loin, et propose d'inscrire également la numérisation dans le flux des diverses utilisations du document : il faut numériser et mettre en ligne tout ce qui est demandé en salle de lecture, ce qui fait l'objet d'une demande de reproduction, d'une demande de prêt [pour expo]...
La combinaison de ces deux idées-forces permet de construire une démarche en spirale : d'abord mettre en ligne massivement des documents numérisés décrits succinctement, puis analyser les retours des utilisateurs pour faire porter l'effort de description sur les fonds les plus utilisés. Le rapport propose d'ailleurs d'associer les lecteurs à la description (corrections, additions, transcriptions). Pour conclure, il préconise d'exposer les données aux moteurs de recherche et aux agrégateurs, en proposant des contenus moissonnables et indexables par d'autres et en renonçant par là-même à en être les seuls distributeurs.
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