« Les bibliothèques aussi utilisent Del.icio.us | Page d'accueil | Primo by Ex-Libris »
23.09.2007
Les généalogistes et internet
L’étude s’appuie sur un échantillon de 1000 internautes, représentatifs des foyers internautes français parmi lesquels 329 ont été qualifiés de « généalogistes », dans la mesure où ils ont répondu positivement à la question : « pour commencer, vous êtes-vous déjà intéressé à la généalogie en vous déplaçant dans des services d’archives ou en vous rendant sur internet ? ».
Entre autres résultats, l’étude met en évidence le déficit de notoriété des sites internet des services d’archives : seulement 4% des internautes interrogés et, parmi eux, 20 % des généalogistes "les plus avertis" connaissent leur existence. On note d’ailleurs avec intérêt qu’à l’occasion de l’établissement de l’échantillon, « il s’est avéré que le nombre de panélistes se connectant à des sites de services d’archives était trop faible pour être pris en compte dans le cadre d’une enquête statistique nationale ». Les portails les plus commerciaux sont les mieux connus, mais les sites les plus fréquentés des « généalogistes » de l’échantillon sont les sites spécialisés, parmi lesquels on trouve en premier lieu Genealogie.com et Geneanet.org (le plus régulièrement visité), puis Familysearch.org (la base généalogique des Mormons), FranceGenWeb.org et Genea.com . La notoriété d’un site chez les généalogistes et la fréquence des visites semblent liées à la combinaison de plusieurs facteurs : la richesse et la qualité de l’offre (informations pratiques et informations généalogiques), le référencement par les moteurs de recherche et par d’autres sites, le bouche-à-oreille, l’impact des newsletters.
Pour synthétiser, disons clairement que les internautes fréquentant les sites de généalogie représentent aujourd’hui un réel marché pour des portails commerciaux présents en nombre sur internet, mais ignorent les services que pourraient leur rendre gratuitement les sites des centres d’archives.
Il n’y a sans doute pas là matière à un véritable étonnement. On peut essayer de profiter des facilités et des nombreuses fonctionnalités (données d'origine diverses, forums, arbres en ligne, aides à la recherhce..) offertes par des portails spécialisés pour entamer une recherche généalogique, sans éprouver l’envie de pousser plus loin la démarche quand il s’avère qu’elle exige un réel effort pour s’approprier et maîtriser les méthodes et les ressources nécessaires. Une partie de ces sites se soucie d’ailleurs de la formation de leurs visiteurs (voir par exemple le geneawiki de Geneanet) et constitue, pour ceux qui le désirent, un point d’entrée vers les services d’archives. A côté d’eux, le portail France-Généalogie, coproduction des Archives de France et de la fédération française de généalogie, fait pâle figure : il est triste et laid, très pauvre en informations et en liens, et ne semble pas régulièrement tenu à jour, même en ce qui concerne les mises en ligne de documents d’archives que semble mieux référencer Geneanet ! La recherche multi-bases (Nomina) s’appuie sur 4 bases dont les plus notables sont Bigenet, indexation des actes d’état-civil dépouillés par les associations adhérentes de la fédération française de généalogie, et la base de l’état-civil européen de l’Algérie. Mais nul lien ne renvoie l’internaute vers l’autre grande base issue du monde des associations, accessible à partir de Geneanet, ou vers les bases du site Mémoire des hommes du ministère de la Défense. C’est peut-être d’ailleurs le constat de ce semi-échec qui a poussé la DAF à lancer l’étude dont il est question.
Faut-il déplorer l’impuissance des services d’archives à toucher les internautes « intéressés par la généalogie » et à les drainer vers les archives en ligne ou les salles de lecture ? Peut-être, si l’on pense que l’on doit promouvoir les « archives publiques » comme d’autres promeuvent la « lecture publique ». En tout état de cause, il me semble que le paysage actuel, même si l’on peut parfois en déplorer le caractère mercantile (que contrebalance la présence active des associations) ou le manque de rigueur, suffit à mener aisément vers nos sites ceux dotés d’une réelle motivation. J’attends avec impatience l’étude qui évaluera les attentes et les motivations des internautes fréquentant les sites des services d’archives, dont j’ai bien compris qu’elle ne saurait se faire à partir du panel Mediamétrie.
22:05 Publié dans Publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : site internet, généalogiste, enquête